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15 octobre 2026 · 5 min de lecture

De la mine au lingot : comment l'or est extrait, traité et affiné

De la mine au lingot : comment l'or est extrait, traité et affiné

Un lingot d’or posé dans un coffre semble l’aboutissement d’une matière noble et simple. Il est en réalité le produit d’une chaîne industrielle longue et coûteuse, qui commence par des tonnes de roche broyée et se termine dans les laboratoires des affineurs. Voici, étape par étape, le parcours du métal jaune.

Où se trouve l’or ?

L’or est un élément rare dans la croûte terrestre. Il se rencontre sous deux grandes formes :

Ces placers alluvionnaires ont fait la fortune des chercheurs individuels lors des grandes ruées vers l’or. Aujourd’hui, l’essentiel de la production provient de gisements primaires, exploités par des groupes miniers. La plupart des mines actuelles traitent un minerai à faible teneur, souvent de l’ordre de quelques grammes d’or par tonne de roche, voire moins : l’or y est le plus souvent invisible à l’œil nu.

L’extraction : ciel ouvert ou souterrain

Avant d’ouvrir une mine, les géologues mènent des années de prospection : cartographie, prélèvements, forages, modélisation du gisement. Seule une petite partie des projets explorés devient une mine en activité.

Deux grands modes d’exploitation coexistent. La mine à ciel ouvert consiste à creuser une immense fosse en gradins ; elle convient aux gisements proches de la surface et permet de traiter de très gros volumes. La mine souterraine suit le minerai en profondeur par des puits et des galeries ; elle est réservée aux gisements plus profonds ou plus riches. Certaines mines sud-africaines descendent à plusieurs kilomètres sous la surface.

La roche est abattue à l’explosif, chargée dans des engins puis acheminée vers l’usine de traitement.

Le traitement du minerai

À l’usine, le minerai est d’abord concassé puis broyé finement, jusqu’à obtenir une poudre ou une boue. Plusieurs techniques permettent ensuite d’en séparer l’or :

  1. la gravimétrie récupère les particules d’or libres, plus denses que le reste de la roche ;
  2. la cyanuration, utilisée depuis la fin du XIXe siècle, dissout l’or dans une solution cyanurée, en cuve pour les minerais broyés ou par lixiviation en tas pour les minerais pauvres ;
  3. l’adsorption sur charbon actif capte l’or dissous, qui est ensuite récupéré par élution puis électrolyse.

Le produit obtenu est fondu sur place pour donner un doré : un lingot brut composé d’or, d’argent et d’impuretés, dont la teneur en or varie selon les gisements. Le doré n’est pas encore de l’or d’investissement ; il part chez un affineur.

L’usage du cyanure impose des règles strictes de gestion des résidus. Dans l’orpaillage artisanal, encore répandu dans plusieurs régions du monde, c’est surtout le mercure qui pose problème : il sert à amalgamer l’or et provoque des pollutions graves. La convention internationale de Minamata vise à réduire son usage.

L’affinage : atteindre 999,9 millièmes

L’affinage purifie le doré et toute autre matière aurifère. Deux procédés sont classiquement utilisés :

L’or affiné est ensuite coulé ou frappé sous forme de lingots et de lingotins de différents formats, du lingot de 1 kg aux petites plaquettes de quelques grammes. Chaque lingot reçoit des marquages : nom de l’affineur, pureté, poids et numéro de série. Sur le marché de gros, les lingots dits Good Delivery d’environ 400 onces répondent à des normes établies par la London Bullion Market Association. Ces marquages sont l’un des éléments qui permettent de reconnaître un vrai lingot d’or.

Le recyclage, une source majeure

Tout l’or ne sort pas de terre. L’or étant pratiquement inaltérable, presque tout le métal extrait au cours de l’histoire existe encore, sous forme de bijoux, de pièces, de lingots ou de composants. On estime ce stock à plus de 200 000 tonnes.

Le recyclage, principalement de bijoux anciens, mais aussi de déchets industriels et de composants électroniques, représente une part significative de l’offre annuelle, qui augmente généralement lorsque le cours est élevé. Cet or recyclé passe lui aussi par l’affinage avant de redevenir lingot ou bijou.

Les principaux pays producteurs

La production minière est aujourd’hui très dispersée. Parmi les principaux pays producteurs figurent notamment :

ContinentPays producteurs importants
AsieChine, Russie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Indonésie
OcéanieAustralie, Papouasie-Nouvelle-Guinée
AmériquesCanada, États-Unis, Mexique, Pérou, Brésil
AfriqueGhana, Afrique du Sud, Mali, Burkina Faso

L’ordre exact varie d’une année à l’autre ; la Chine, l’Australie et la Russie occupent depuis plusieurs années le haut du classement. L’Afrique du Sud, qui a longtemps dominé la production mondiale grâce au Witwatersrand, a vu sa part reculer, ses gisements étant de plus en plus profonds et coûteux à exploiter.

En résumé

De la prospection à l’affinage, l’or traverse une chaîne longue, énergivore et encadrée : extraction à ciel ouvert ou souterraine, broyage, cyanuration, production de doré, puis purification jusqu’à 999,9 millièmes. Le recyclage complète l’offre minière avec un métal qui ne se perd presque jamais. Quand vous tenez un lingot, vous tenez le résultat de ce long parcours, qu’il soit sorti d’une mine récente ou d’un bijou refondu.

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